01.03.2017

Le vin et la vigne dans les fresques antiques

TOMBE INITIALE D'OUSERHAT, SCRIBE ROYAL SOUS AMENOPHIS II (détail)
18° dynastie, XV° siècle av. J-C.
Vallée des Nobles, Thèbes / 1
TOMBE DES LEOPARDS
V° siècle av. J-C
Nécropole étrusque, Tarquinia / 2
DIONYSOS ENFANT ET SA MÈRE SEMELE (au premier plan)
70-60 av. J-C
Fresque (détail), après restauration
Villa des Mystères, Pompéi / 3
BACCHUS ET LE VESUVE
Ier siècle, av. 79
Fresque, 140 x 101 cm
Musée archéologique national, Naples / 4

VITICULTURE ET VINIFICATION DANS L'EGYPTE ANTIQUE

 

1/ La première représentation du procédé de vinification est le fait des Égyptiens, au IIIe millénaire avant notre ère. Les fresques égyptiennes attestent aussi de l’importance de la vigne à leur époque. La vigne et le vin ont leur place dans la tombe d'Ouserhat, scribe royal sous Aménophis II, ou dans celle de Nebamun, sous Thoumôtsis IV (fils d'Aménophis II). Il ne s'agit pas d'un sujet aussi profane qu'on pourrait l'imaginer, car le vin (rouge) est assimilé au sang du dieu Osiris, tué et dépecé par son frère Seth. Enfin, le vin favorise l'ivresse et donc l'amour et la sexualité.

 

Le pressage du raisin a lieu dans une grande cuve où les hommes piétinent longuement les grappes. De chaque côté sont représentées des colonnettes florales dont les chapiteaux ouverts supportent des poutrelles. Pendant de ces supports, des branches feuillues (en fait probablement des cordes) tombent à la hauteur des hommes qui s'y agrippent. Il faut regarder au milieu pour avoir la suite de la scène. Deux hommes apportent les jarres pleines qui sont alors stockées sur trois rangs. Un scribe agenouillé note tout, y compris le nombre de paniers amenés au pressoir. En Egypte, les vendanges avaient lieu au tout début de l'été, juste avant la saison des pluies, à la mi-juillet. La réapparition dans le ciel de l'étoile Sothis (vers le 18 juillet) était pour les Égyptiens le signe d'une inondation prochaine du Nil.

DES BANQUETS SONT ORGANISES PAR LES PRINCES ETRUSQUES

 

2/ Les Étrusques passent pour avoir été de grands consommateurs de vins et des amateurs de luxe. Dans la région semi-montagneuse de l’Étrurie, les vignes poussaient en abondance sur les coteaux et faisaient l’objet d’une culture intensive. Les nombreuses amphores retrouvées prouvent que le vin élaboré par les Étrusques était exporté dans tout le bassin méditerranéen. Dès le VIIIème siècle avant notre ère, les banquets étrusques, dont la forme est empruntée au monde grec, sont organisés par les princes. La cérémonie est très ritualisée. Au son des flûtes ou des lyres, femmes et hommes y dégustent, couchés, du vin servi par des esclaves. Ces fêtes rivalisent de richesses. Les services à vins y sont réalisés dans des métaux précieux et finement travaillés. Conservé dans des vases pansus ou stamnoi, le vin est mélangé à de l’eau dans une grande casserole (patera), un cratère ou un chaudron (lébès), puis placé au milieu des convives. On le puisait alors avec des sortes de louches (simpula) pour le transférer dans  des cruches à vin (œnochoés), avant de le servir individuellement dans des coupes. Parfois, ce vin était filtré de ses impuretés au moyen d’une passoire avant sa consommation (Source : Inrap).

 

Dans la partie de droite, représentée ci-dessus, quelques danseurs étrusques sont représentés habillés de la tebenna, typique veste étrusque, et dansent accompagnés par quelques musiciens parmi lesquels le joueur d'une double flûte et un autre d’une cithare.

DIONYSOS DECOUVRE LES MUSES AVEC SA MERE

 

3/ A l’écart de Pompéi, la Villa des Mystères est une ancienne demeure praticienne. Dans le quartier des maîtres, une salle renferme la fresque à laquelle la villa doit sa célébrité et qui vient tout juste d'être restaurée : sur fond rouge pompéien, une frise se déroule une grande composition qui met en scène vingt-neuf personnages grandeur nature. Elle pourrait représenter l’initiation d’une jeune épouse aux mystères dionysiaques, ici la lecture du rituel par un Dionysos (?) enfant. Le culte de Dionysos, dont la maîtresse de céans aurait été prêtresse, était alors en grande faveur en Italie méridionale. La scène présentée au premier plan est étrange : une femme habillée d'un péplos à l'ancienne mode (tunique féminine en laine de style dorien de la Grèce antique) surveille un jeune garçon nu et chaussé de hautes bottes, qui lit un uolumen (rouleau de feuilles de papyrus). Une autre femme, portant cette fois-ci un habit contemporain de la frise, se tient assise derrière l'enfant. Elle tient dans sa main gauche un uolumen et pose sa main droite sur l'épaule droite de celui-ci. Pédagogue divin, elle lui enseigne son art. La péplophore (celle qui porte le péplos) est une évocation de la nourrice de Dionysos qui apparaît toujours dans ces scènes, en particulier de toilette et d'habillage du héros. Enfin, s’il n’y a nulle trace que Dionysos ait jamais appris à lire, le livre ouvre sur la connaissance et l'univers supérieur des Muses. Notre prêtresse inscrit donc ici son activité pédagogique de mère profane à l'intérieur du mythe de Dionysos, en s'identifiant cette fois-ci à la à la mère du héros, Sémélé.

"BACCO-GRAPPOLO", PROTECTEUR DES VIGNES ET DU VESUVE

 

4/ Cette fresque du Ier siècle ap. J.-C. provient du mur latéral d'un laraire situé dans l'atrium de service de la maison du Centenaire à Pompéi, fouillée entre 1879 et 1881; les autres fresques du laraire sont conservées in situ. Dans la partie supérieure, on peut voir une guirlande votive ornée de rubans, sur laquelle repose un oiseau, motif que l'on retrouve sur les peintures funéraires et les laraires ; sur la gauche apparaît Dionysos-Bacchus, dont le corps s'orne d'une gigantesque et inhabituelle grappe de raisin. Il reste cependant identifiable à ses attributs : les cheveux longs dénoués tombant sur les épaules, la couronne de lierre ; il tient le thyrse attribut de Dionysos : bâton décoré de feuilles de vigne ou de raisins, surmonté d'une pomme de pin  orné d'un ruban d'une main et abreuve de vin sa panthère avec un canthare coupe à boire de l'autre.  En arrière-plan, est représentée une montagne dont les flancs sont couverts de vignes bien ordonnées.  Dans la partie inférieure se déroule un long serpent, élément récurrent des laraires pompéiens, qui se dirige vers un autel cylindrique ; il représente le genius loci, le bon génie du lieu. C'est un symbole positif, lié au monde chthonien souterrain, situé à l'intérieur de la terre et donc associé, entre autres, à la fertilité.

 

Dionysos est aussi considéré comme le protecteur du Vésuve. Il est très probable que les Pompéiens n'avaient pas connaissance de sa nature volcanique du Vésuve et le considéraient comme une force protectrice de leur ville et de sa prospérité. Les vignes y produisaient le Vesuvinum (source : Pline), un vin fameux qui, avec le Pompeianum, contribuait à la richesse de la ville.

Pour en savoir plus : Galeries "Nectar des dieux" >>

LE VIN DES ARTS

Fresques
antiques
Arts
graphiques
Sculpture
et Architecture
Mosaïque et Vitraux
Tapisserie
Objets d'art
Photographie
Affiches et
Dessins de presse
Peinture
Livre d or.jpg

Contact : www.musee-virtuel-vin.fr/contact

Musée du vin sur internet

Site d'information à vocation pédagogique et sans but lucratif

Version 2 (édition bilingue anglais-français)

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.