MINIATURES ET FRESQUES PERSANES : "LA PORTE DE LA JOIE"

 

VIN, PEINTURE ET POÉSIE

BOIRE DANS UN JARDIN AU PRINTEMPS, JEUNE HOMME OFFRANT DU VIN A UNE JEUNE FILLE (détail)
c. 1430 - The Metropolitan Museum of Art, New York
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Les Rubaïyat d'Omar Khayyâm (XIème siècle) accompagnent en contrepoint les miniatures persanes classiques et les fresques persanes de style miniaturiste présentées. Le vin, très fréquemment cité dans ces quatrains, y apparaît comme un remède à la mélancolie qu'engendrent le temps qui passe et la brièveté de la vie."Bois et sois heureux" est le refrain de ces poèmes épicuriens. Pour Khayyam, le vin est un élixir de vie, "la porte de la joie", celle de la dégustation du vin, de la naissance du printemps, des fêtes conviviales, des rêves amoureux, des scènes galantes : "Elle passe bien vite cette caravane de notre vie. Ne perds rien des doux moments de notre vie. Ne pense pas au lendemain de cette nuit. Prends du vin, il faut saisir les doux moments de notre vie." Ou encore : "Au printemps, je vais quelques fois m'asseoir à la lisière d'un champ fleuri. Lorsqu'une belle jeune fille m'apporte une coupe de vin, je ne pense guère à mon salut. Si j'avais cette préoccupation, je vaudrais moins qu'un chien."

Le mode plein écran est recommandé. Visitez l'exposition, soit en cliquant à votre gré l'une des miniatures exposées ci-après, soit en suivant le parcours proposé >>

LE VIN EST DE TOUS TEMPS PRÉSENT EN PERSE : SA PRÉSENCE DANS LES ARTS EN TÉMOIGNE

DES AMBASSADEURS ARMÉNIENS OFFRENT DU VIN A L'EMPEREUR DE PERSE
c. 515 av. J-C. - Apadana (salle d'audience de Darius le Grand), escalier est, Persepolis, Iran
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En Iran, au nord des monts du Zagros, une des plus anciennes traces de vinification a été découverte en 2015. Des restes d'un résidu jaunâtre déposés sur la paroi d'une jarre néolithique, vieille de 7.000 ans, se sont révélés être un mélange d'acide tartrique - véritable signature de la présence de vin - et de résine de térébinthe utilisée pour empêcher le vin d'aigrir. C'était alors le vin et le procédé de vinification les plus anciennement attestés. En 2017, huit jarres néolithiques datées des environs de - 6.000 ans avant notre ère, soit il y a 8.000 ans, ont été découvertes en Géorgie. Leur analyse a démontré l'existence de certains dépôts chimiques comme l'acide tartrique. C'est donc à ce jour le plus ancien témoignage de la fabrication de vin par l'homme.

 

D'après une légende persane, le vin a été découvert par une jeune femme. Le roi Jamshid, qui se reposait à l’ombre de sa tente, vit un bel oiseau se débattant contre un grand serpent. Le roi ordonna à ses archers de tuer le serpent. L’oiseau fut sauvé et laissa avant de s’envoler une petite graine qui, quelques temps plus tard, offrit au roi un arbuste avec de délicieuses baies. Ainsi naquit la vigne. Le roi cueillit les raisins et les entreposa dans des jarres. Un peu plus tard, l’une d’elles se mit à mousser étrangement, dégageant une odeur singulière. Méfiant, le roi ordonna de l’écarter et de la placer dans une pièce du palais inaccessible à toute personne car on craignait qu’elle fût empoisonnée. Une servante en mauvaise santé, ou une courtisane bannie du harem (selon les versions), en tous cas désespérée, cherchait à se suicider pour mettre un terme à ses souffrances. Elle accéda à la pièce où se trouvait la jarre et but une partie de son contenu. Non seulement elle jugea son goût très agréable mais elle retrouva immédiatement la joie de vivre. Après un sommeil réparateur, elle informa de sa découverte le roi qui, curieux, goûta au nouveau nectar. Il le trouva si bon qu’il ordonna que les raisins de Persepolis devaient dorénavant être transformés en vin.

 

Les poètes et les peintres se complètent : le sujet des miniatures persanes est souvent tiré du recueil Ghazaliyat de Hafiz Shirazi ; ou de Vis o Rāmin, une histoire classique d'amour perse de Fakhruddin As'ad Gurgani ; ou encore des Rubaïyat d'Omar Khayyâm (fin XIème siècle), libre penseur à qui Amin Maalouf, dans son livre Samarcande, prête cet échange avec un étudiant fanatique qui lui tend une pincée de raisin avec ces mots :  

- Tu aurais sans doute préféré que je t’offre le raisin sous forme de vin

- Quand on veut boire du vin, on choisit avec soin son échanson et son compagnon de plaisir

- Pour ma part, je n’en boirai pas la moindre goutte, je tiens à avoir une place au paradis. Tu ne sembles pas désireux de m’y rejoindre

- L’éternité entière en compagnie d’ulémas sentencieux [docteurs de la loi musulmane, juristes et théologiens] ? Non, merci, Dieu nous a promis autre chose.

 

Astronome, poète du vin et épicurien, Omar Khayyâm affirme : "Mon seul rêve, ma seule ambition est d’avoir un jour un observatoire, avec un jardin de roses et de contempler éperdument le ciel, une coupe à la main, une belle femme à mes côtés." Ses quatrains ont été ici retenus pour accompagner la présentation des œuvres exposées, miniatures et fresques de style miniaturiste, dans la traduction de Jean-Baptiste Nicolas. Éditée en 1867 par l'Imprimerie Impériale, elle présente un triple intérêt : elle est la plus complète (464 quatrains, dont beaucoup évoquent le vin), elle est très fidèle au texte d'origine et elle est annotée.

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