Atget, le Vieux Paris et le vin


VINS ET LIQUEURS, VENTE EN GROS ET AU DÉTAIL, 12 RUE DES LYONNAIS, Ve ARR.

Eugène Atget, 1914 - MoMA, New York

 

Avec cette nouvelle exposion du Musée Virtuel du Vin, Eugène Atget nous invite à flâner dans le "Vieux Paris" d'un arrondissement à l'autre, et d'un quartier à l'autre, à la recherche des marchands de vin, des bars, des cabarets, des cafés tabac, des restaurants, comme chez ce marchand chez lequel les vins et liqueurs côtoient le bois et les charbons. Son acharnement à débusquer la réalité va faire de lui l'ancêtre de la photographie moderne.


Après avoir tenté sans succès d'être comédien dans un premier temps, et peintre dans un second, Eugène Atget s'oriente définitivement vers la photographie en devenant professionnel en 1897. Autodidacte, il avait produit dès 1890 des documents pour les artistes – images de végétaux, de paysages et d’objets variés. En 1899, il s'installe volontairement dans le 14e arrondissement, à Montparnasse, au 17bis rue Campagne-Première, non loin de la Cité des Artistes, située au 9 de la rue. C'est un véritable petit village au cœur de la rue Campagne-Première, "la rue du Montparnasse des Montparnos". Cent vingt-huit ateliers y ont été construits à partir de matériaux provenant des bâtiments de l’Exposition universelle de 1889. La Cité des artistes abrita ainsi Léonard Foujita, Giorgio de Chirico, Amedeo Modigliani, Vassili Kandinsky, Max Ernst, Joan Miró, Alberto Giacometti, .. Atget savait que les peintres d'un tel voisinage manquaient de documents photographiques et historiques pour nourrir leur inspiration. Et c’est ainsi qu'il va inlassablement photographier Paris et ses environs, des années durant. Ses clients ? Des grands noms de la peinture : Kisling, Foujita, Derain, Vlaminck, Braque, Utrillo, Duchamp, Picasso, entre autres ..


En parallèle, il s'adressera de plus en plus souvent aux institutions culturelles (Bibliothèque nationale de France, Musée Carnavalet, Bibliothèque historique de la Ville de Paris, Monuments historiques) qui sont alors en train de rassembler d'importants fonds photographiques documentaires, notamment sur les monuments de Paris et achèteront au photographe des milliers de clichés.​


Avec son appareil à soufflet 18 x 24, Atget photographie méticuleusement chaque rue ancienne de la capitale, chaque détail pittoresque, tout ce que Paris comptait d’immeubles menacés, de petits métiers mourants, jusqu’à écrire « Je possède tout le vieux Paris ». En revanche, il se refuse obstinément à photographier toute trace de modernité : la Tour Eiffel et le métro sont absents de ses images. Son acharnement à débusquer la réalité va faire de lui l'ancêtre de la photographie moderne. Grâce à lui, qui s'obstinait à "sauver ce qui est en train de disparaître", tout ce Paris le plus souvent détruit revit sous nos yeux.


A la fin de sa vie, Atget a réalisé plus de 8 000 clichés et 17 000 tirages. Aujourd'hui, les fonds les plus importants de ses oeuvres se trouvent au Musée Carnavalet à Paris (9 000 tirages) et au MoMA à New York (5 000 tirages). On peut également trouver des clichés et des tirages à la BnF à Paris (4 000 clichés), au Getty Museum à Los Angeles, au George Eastman Museum à Rochester (ancienne collection de Man Ray), au Metropolitan Museum of Art à New York.


Exposition Eugène Atget, le Vieux Paris et le vin



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