LES IVROGNES (LE TRIOMPHE DE BACCHUS)

Diego Velázquez (1599-1660)  

1628-1629

Huile sur toile, 165 x 255 cm

Museo del Prado, Madrid

 

 

 

Velázquez a peint ce tableau de Bacchus entouré de huit buveurs pour Philippe IV qui l'a accroché dans sa chambre d'été. Cette œuvre n'est pas seulement unique dans son genre, mais aussi dans la peinture espagnole qui comporte très peu de ces beuveries si fréquentes dans la peinture flamande et hollandaise. L'ivresse était considérée en Espagne comme un vice méprisable. Se faire traité de "borracho" (ivrogne) était la pire des injures. 

 

Cette œuvre met en scène des vendangeurs en train de trinquer. Elle peut être lue de différentes manières et les historiens de l'art en discutent encore. Dans un premier temps, laissons à William Sterling (Velázquez et ses œuvres, Librairie Renouard, Paris, 1865) nous la décrire à sa manière : "Avec ses Buveurs, Velázquez prouve qu'en peignant des princes il n'a pas oublié comment ou peint des figures grotesques. Cette composition, de neuf figures de grandeur naturelle, représente un Bacchus vulgaire, couronné de feuilles de vigne et assis sur un tonneau ; il pose une couronne semblable sur la tête d'un camarade. La cérémonie s'accomplit avec la gravité que conservent souvent les ivrognes, et en présence de quelques paysans qui ressentent plus ou moins l'effet du vin. L'un est assis, plongé dans une sombre méditation ; un autre vient de se livrer à une plaisanterie qui arrête devant les lèvres d'un troisième drôle la coupe bien remplie, et qui provoque de sa part un éclat de rire auquel on doit l'aspect de sa mâchoire ébréchée. Un quatrième, un peu derrière, s'est, comme le précédent, dépouillé jusqu'à la peau, et, roulant sur un banc, il contemple avec satisfaction le gobelet que tient sa main. Sous le rapport de la force du caractère et de la vigueur du coloris, ce tableau n'a jamais été surpassé ; l'humour qui y domine, assure à Velázquez le titre de l'Hogarth de l'Andalousie."

 

Ces paysans fêtent la fin des vendanges et le changement de saison. Ils s’adonnent à une joyeuse bacchanale en l'honneur de Bacchus (nom romain de Dionysos), dieu de l’excitation, de la frénésie, de l’enthousiasme et du vin. Il semblerait que Rubens ait inspiré cette œuvre à Velázquez en lui décrivant le bal masqué qui avait eu lieu quelques années auparavant à Bruxelles en l’honneur de l’archiduc Albert le Pieux et de son épouse Claire Eugénie ; mais il peut également avoir pensé à un autre événement qui s’était déroulé à Madrid : un char de cavalcade avec un cortège semblable à celui de ce tableau...

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