EN CABINET PARTICULIER - AU RAT MORT

Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901)  

1899

Huile sur toile, 55 x 46 cm

Courtauld Institute, Londres

 

 

 

Connu pour son penchant pour les nuits parisiennes agitées, Toulouse-Lautrec nous montre ici Lucy Jourdain, une célèbre demi-mondaine accompagnée de son amant le baron de W. Le Cabinet particulier renvoit au genre de « petits salons que l'on peut réserver dans les meilleurs restaurants de Paris, qui évoque la luxure et se trouve souvent traité par les caricaturistes », souligne Danièle Devynck, la conservatrice en chef du Musée Toulouse-Lautrec d’Albi, avant d'ajouter : « L'œuvre fait référence à un café-restaurant où Toulouse-Lautrec se rend fréquemment à la fin des années 1890 ». Il s’agit du Rat Mort, situé rue Pigalle en face de la La Nouvelle-Athènes, établissement fréquenté par beaucoup d'hommes de lettres. Les débuts du Café Pigalle, son nom d’origine, furent des plus modestes ; mais un hasard heureux le fit sortir de l'obscurité. Plusieurs clients de La Nouvelle-Athènes ayant eu maille à partir avec le patron allèrent s'attabler au nouveau café. Les peintures étaient encore fraîches, les plâtres encore humides, et l'on respirait dans la salle du premier étage une odeur tellement désagréable qu'un des nouveaux clients dit : « Cela sent le rat mort ici. » Le café était baptisé. Bientôt toute la bande des amis des déserteurs de La Nouvelle-Athènes les suivit. Le Rat Mort va devenir le rendez-vous de tout ce qui comptait comme journalistes, écrivains, peintres et femmes esseulées ou non.

 

En France, au XIXème siècle, demi-mondaine désignait une femme entretenue par un ou plusieurs riches Parisiens. « Ces messieurs étaient assez fortunés pour subvenir aux besoins d’une femme au foyer et d’une autre pour la galerie. En additionnant leur moitié avec une demie, ils réinventaient la bigamie. » La Belle Epoque est le règne de célèbres demi-mondaines (Emilienne d'Alençon, Cléo de Mérode, Caroline Otéro, Liane de Pougy). Elles sont fêtées par les grands noms de l'aristocratie. La vie de ces belles de la « haute bicherie » (des femmes entretenues, des cocottes) ne se conçoit pas sans champagne ! 

 

C’était leur boisson attitrée. Lorsque Balzac décrit dans Splendeurs et misères des courtisanes le baron de Nucingen installant Esther et lui faisant les honneurs de la salle à manger, celle-ci s'exclame : «Très bien, charmant ! Quel plaisir ce sera de boire ici du vin de Champagne !». Et que dire de Nana, roman plein de champagne de Zola ! Voici par exemple comment l'auteur représente son héroïne assistant dans son landau aux courses de Longchamp : «Debout, elle s'était mise à verser des verres de champagne aux hommes qui la saluaient ». Les dames de la bonne société côtoient ces cocottes dans les endroits à la mode : mondaines et demi-mondaines y sablaient le champagne. Elles en fréquentaient parfois les «cabinets particuliers», avec leur amant ou avec leur mari quand elles voulaient abriter leur bonheur des regards indiscrets (Source : UMC, Union des Maisons de Champagne).

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