RIVE GAUCHE, 14e ARRONDISSEMENT "DIT DE L'OBSERVATOIRE", QUARTIER DU MONTPARNASSE

Eugène Atget, La Rotonde, Boulevard du Montparnasse, 6e arr., 1925 - Musée des Beaux-arts du Canada, Ottawa | Le Musée Virtuel du Vin - The Virtual Wine Museum
Eugène Atget, Le Dôme, boulevard du Montparnasse, 14e arr., 1925 - MoMA, New York | Le Musée Virtuel du Vin - The Virtual Wine Museum

"La Rotonde", boulevard du Montparnasse, 6e arr. - 1925

"Le Dôme", boulevard du Montparnasse, 14e arr. - 1925

Dès les années 1910, après le triomphe du cubisme, Montparnasse, zone excentrée de la rive droite, prend auprès des artistes de l’avant-garde le pas sur la butte Montmartre. La Bohème déménage.

 

Montparnasse se distingue de Montmartre par la variété des arts qui y sont pratiqués : la poésie (avec Cendrars, Cocteau, Max Jacob, ..) et la musique (le « groupe des six » - avec Georges Auric, Germaine Tailleferre, Francis Poulenc, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud - Erik Satie ..) s’ajoutent à la sculpture, à la peinture, au théâtre et aux tours de chants de cabaret qu'avaient connus Montmartre. Mais Montparnasse fut surtout le quartier de la photographie, avec Berenice Abbott, Man Ray, Brassaï, Kertész, Capa, .. et Atget qui fit figure de précurseur. Ce quartier lui est bien connu alors qu'il habite au 17bis rue Campagne Première, entre le boulevard du Montparnasse et le boulevard Raspail. Il y vivra de 1899 à sa mort en 1927. 

 

Atget saisit souvent ses images au lever du jour pour profiter de la lumière transparente du matin et pour éviter le trafic et la foule. Car si les terrasses de La Rotonde et du Dôme sont alors vides, elles vont vite faire le plein.

 

La Rotonde et le Dôme deviennent de nouveaux lieux mythiques. Ils sont les cœurs battants du carrefour Vavin, intersection du boulevard du Montparnasse et du Boulevard Raspail. Le mythe des « Montparnos » s’invente alors à l’immense terrasse de la Rotonde, surnommée « Raspail-Plage », à l'angle des boulevards. Pablo Picasso habite à côté et y passe ses après-midis, de même que l’artiste et écrivaine galloise Nina Hamnett. Elle vient d’arriver à Montparnasse et découvre le Paris des années folles grâce aux rencontres qu’elle fait au café : un jour, assise à l’une des tables de l’établissement, elle voit un homme qui lui sourit. « Modigliani - dit l’inconnu -, peintre et juif ». La Rotonde est également fréquentée par Juan Gris, Apollinaire, Max Jacob, Cocteau, des tas d’artistes en rupture de ban ainsi que des émigrés politiques comme Lénine et Trotski. « Cette sacrée Rotonde, écrira Kiki, on allait là comme si on rentrait chez soi, on se sentait en famille.» Le patron, Libion, veut que les artistes se sentent chez eux. Il s'abonne à des journaux de tous les coins du monde, laisse les artistes passer des heures au chaud en hiver pour un seul café crème .. "Un jour, ils rendront mon café célèbre !" Bien que fondamentalement La Rotonde fasse partie de Montparnasse, elle est rattachée administrativement au VIe arrondissement, comme tous les numéros impairs du boulevard (au nord).

 

En face et situé à l’angle du boulevard du Montparnasse (du côté pair, dans le XIVe arrondissement) et de la rue Delambre, Le Café du Dôme, nommé aussi simplement Le Dôme, a été construit en 1898 sur l'emplacements de baraquements et d'un début de bidonville, comme il s'en trouvait alors ça et là dans le quartier. Dès 1905, il commence à attirer une clientèle d’artistes scandinaves, allemands et américains, et s’impose vite comme un lieu de rassemblement intellectuel. Les habitués discutent des heures durant, notamment de peinture. Quand la Grande Guerre éclate, la mobilisation générale met fin à l’ambiance festive de Montparnasse. Dans l’entre-deux-guerres, le Dôme sera incontestablement l’un des symboles des années folles. Les « Dômiers » rassemblent Max Ernst, Foujita, Kandinsky, Lénine, Marie Laurencin, Henry Miller, Modigliani, Picasso, Man Ray, Soutine, ..

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